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Alphabétisation au Canada
Près de 14 % des Canadiens et Canadiennes ne peuvent lire ni écrire des phrases simples et ils ne peuvent effectuer les calculs exigés dans leurs activités quotidiennes1. Près de 50 % des Canadiens et Canadiennes ont de la difficulté à comprendre les instructions portant par exemple sur les médicaments à prendre ou le fonctionnement d’une machine. Ils ont également de la difficulté à lire des cartes géographiques, à remplir des formulaires administratifs ou à lire des horaires d’autobus ou de train2.
Coûts des faibles niveaux d’alphabétisation
C’est tout le monde qui perd quand un si fort pourcentage
de la société ne peut lire et écrire assez bien
pour fonctionner adéquatement dans le monde d’aujourd’hui.
Dans ce contexte, il faut tenir compte non seulement du temps perdu,
mais aussi des renseignements transmis et non compris, du sous-emploi,
des travaux à refaire, etc. En 1987, le coût estimatif
du faible niveau d’alphabétisation au Canada se situait
aux alentours de 5 milliards de dollars3!
Les citoyens qui ne peuvent lire et écrire trouvent la vie
difficile, ont de graves frustrations et ils ne peuvent profiter pleinement
des occasions que leur offrent le marché du travail et leur propre
foyer.
En outre, la vie de ces personnes se complique quand ils ne peuvent
aider leurs enfants à faire leurs devoirs et qu’ils doivent
presque se battre pour comprendre les avis que l’école
des enfants envoie à la maison. Des démarches apparemment
simples comme une demande d’émission de passeport, la recherche
d’un emploi ou l’obtention d’un permis de conduire
deviennent alors une tâche insurmontable. De même, le temps
perdu à essayer de lire le journal, à rechercher des renseignements
sur les emplois disponibles, sur les questions de santé, la politique
ou même le temps qu’il fait est tel qu’on se demande
si cela en vaut la peine.
Système de justice administrative et faible niveau d’alphabétisation
L’incapacité de lire et d’écrire
aisément complique considérablement les rapports avec
le système de justice administrative. Au départ, les justiciables
qui entrent dans un tribunal se sentent dépaysés et sont
parfois intimidés par le langage juridique, les règles
de droit et les procédures inhabituelles auxquelles ils sont
confrontés. Et s’ils ne peuvent comprendre le déroulement
d’une instance ou ce qu’ils doivent faire, les possibilités
d’une audience équitable se trouvent considérablement
réduites.
Au cours des dernières années, le CTAC s’est attelé
au défi consistant à promouvoir l’utilisation du
langage clair et simple dans le système de justice administrative.
Le langage clair – plutôt que le jargon bureaucratique –
aide les citoyens à comprendre l’information contenue dans
les lettres, les brochures, les instructions, les affiches et les bandes
vidéo. Le CTAC contribue actuellement à former le personnel
et les membres des tribunaux et à alléger ce problème,
en publiant des livres et des manuels, en offrant des cours de formation
et en diffusant des documents appropriés sur son site Web.
Le langage clair
L’utilisation du langage clair dans toutes les communications
orales et écrites aide tout un chacun, pas seulement les personnes
peu alphabétisées. L’information est claire parce
que :
- les mots clairs et simples y remplacent le jargon juridique et bureaucratique;
- les phrases sont courtes et elles expriment seulement une ou deux idées chacune;
- chaque mot utilisé exprime un idée ou une nuance indispensable à la compréhension du message;
- cette technique utilise des listes plutôt que de longs paragraphes;
- cette technique privilégie la voie active (« Nous vous informons que… » au lieu de « Il est porté à votre connaissance… »);
- cette technique interpelle directement le lecteur (« Vous devez annexer votre certificat de naissance à la demande d’emploi » au lieu de « Le candidat ou la candidate doit annexer son certificat de naissance à la formule de demande d’emploi ».)
Ressources indiquées dans cette section
La section du site Web réservée à l’alphabétisation contient une liste des publications qu’on peut télécharger, des liens à un cours dispensé en ligne sur l’alphabétisation et une longue liste de documents de formation qui aideront à rédiger, dans le cas des participants au système de justice administrative, des décisions et d’autres documents faciles à comprendre (cette liste est accessible seulement aux membres du CTAC).
1. Peter Calamai, « Broken Words: Why Five Million Canadians are Illiterate—A Special Southam Survey » (Toronto, Southam, 1987).
2. Statistique Canada et coll.« Lire l’avenir ». Publié dans : Enjeux et défis de communication auprès des Canadiens et des Canadiennes peu alphabétisés (Ottawa, Bureau d’information du Canada, juin 2000).
3. Canada Business Task Force on Literacy, Measuring the Costs of Illiteracy in Canada. [n.l.]: Task Force, 1988.
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